J+3 – Dimanche 20 février par Barbouille

Algéciras – Tanger – Enjil

Cher journal,

Première nuit sous une tente et dans un sac de couchage pour les filles. Réveil à 3h30! Sous la pluie! Dans le froid! Pour celles et ceux qui imaginent le 4L Trophy comme deux semaines de vacances, l’image de Sonia et Olivia, les yeux gonflés par le manque de sommeil suffirait à leur apporter la preuve du contraire!

On replit la tente 2sec (en 10 secondes, et de cela elles peuvent être fières!), on grimpe rapidement dans la voiture, et on suit la file de voiture se dirigeant vers le port d’Algéciras. Le départ est prévu à 5h00. Mais les files d’attentes commencent et ne s’arrêteront pas jusqu’à l’arrivée à Tanger.

Après celle de l’embarquement, commencent celles des formalités douanières (pour nos passeports), puis des formalités de police (pour la voiture), et enfin celle du change. En trois heures de traversée, nous n’aurons même pas eu l’occasion de mettre le nez dehors, ou de nous reposer de notre très courte nuit.

Mais on est impatients! Impatients d’arriver au Maroc, de découvrir les paysages, et de commencer la course! Et on est pas les seuls à être impatients! Dans la cale du bateau, l’ensemble des 4L klaxonnent, couinent, bruinent, mugissent! Mais c’est enfin la sortie… Maroc, nous voilà!!!

A partir de maintenant et jusqu’à Enjil, notre bivouac d’arrivée, le Maroc va nous surprendre! Tous les 100/150 km, on découvre de nouveaux paysages, plus incroyables les uns que les autres! Si vous pensiez que le Maroc se résume à quelques dunes de sables dans un paysage rocailleux, vous vous trompez!

De Tanger jusqu’à Kénitra, nous bordons un moment  une mer Méditerranée d’un bleu profond, tout en doublons de nombreuses 4L! Le soleil a fait son apparition, même si les flaques par terre, témoignent que le Maroc n’a pas non plus été épargné par la pluie la veille.

De Kénitra à Meknes, on s’étonne que le Maroc puisse être aussi vert! Des champs, des collines, quelques brebis, c’est d’un bucolique!

Mais bientôt, c’est la neige des hauts plateaux qui nous rattrapent! On remet rapidement vestes et écharpes car il fait vraiment froid!  On apprécie la solitude qui régne sur ces lieux, surtout que nous avons distancé de nombreuses 4L, et que nous roulons seuls au monde!

 

 

Rapidement, nous laissons la neige pour les cailloux. Des paysages infinis, une route au centre et des cailloux! Mais avec les nuages, c’est juste splendide. Une pause, quelques photos, et on repart!

Dans un paysage digne d’un grand western américain, avec canyon et panorama à 360°, nous rejoignons notre bivouac. Le froid et les cailloux ne présagent pas une nuit très douilette, mais les filles sont ravies d’arriver de jour, contrairement à de nombreuses 4L. À peine le temps de s’émerveiller devant le coucher du soleil (je vous promets, je n’exagère pas!), que nous devons aller remplir les jerricans.

Et c’est là que les ennuis commencent. Imaginez deux filles allant remplir un jerrican de 20 litres d’essence. Après l’avoir laborieusement ramené à la voiture, et rangé dans la voiture, elles se rendent compte 30 min plus tard, qu’il fuit! Il fait nuit, on n’y voit rien, il fait froid, les mains sont gelées et gercées, elles ont faim, elles sont fatiguées, et elles sont en train de tenir un jerrican de 20kg à bout de bras et d’essayer de sauver l’essence en le transvasant dans le réservoir et dans un autre jerrican alors que cela fuit de tous les côtés . Cette scène qui dure 30 bonnes minutes, dans une odeur nauséabonde et entêtente d’essence, aura suffit à mettre mes deux petites copilotes sur les nerfs. Car avec le dos en compote et les mains en feu (l’essence ça brule), l’ambiance n’est plus rose sur le campement.

Je pense qu’il vaut mieux les laisser seules. Quand elles reviennent les mains enduites de creme grace aux médecins du camp, le ventre plein d’un délicieux tagine, et les mains réchauffées par un feu de camps, ça va déjà mieux. Mais ce jerrican n’était qu’une broutille, quand d’autre équipages ont déjà cassé l’embrayage, un cardan ou leur ventilateur.

Je pense qu’elles commencent à apprendre que vivre 24h/24 l’une sur l’autre va demander plus d’efforts que prévu, si elles veulent en ressortir plus unies que jamais!

22h, on s’emmitoufle avec tout ce qu’on trouve, et on s’endort, en espèrant ne pas mourrir de froid avant demain. Mais demain, est un autre jour!

Bonne nuit journal!

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